Feu Nouveau : la revue de référence pour préparer la messe du dimanche!

La célébration en l’absence de prêtre

  • Propositions de déroulements
  • Textes et prières
  • Questions pour un partage autour de la Parole
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La formation

  • Articles de formation biblique et liturgique
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Les lectures

  • Commentaires approfondis
  • Homélie
  • Méditation
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L'attention aux enfants

  • Suggestions pour accueillir les enfants
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La célébration

  • Monitions et prières
  • Chants adaptés
  • Mélodies pour les nouvelles antiennes du lectionnaire
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29 octobre

(suite du message précédent)
Sauf en des circonstances précises de réconciliation, je ne dirai pas à mon frère : « tu es un pécheur », pas plus que je ne lui dis : « tu es un idiot. » Mais pour moi-même ? Me reconnaître pécheur est l’attitude fondamentale pour être sauvé, pour dire à Dieu que j’ai besoin de lui pour être sauvé de la mort, de mes replis égoïstes. Avoir besoin de l’Autre, des autres, pour devenir soi-même. Faute de cette reconnaissance, je me range dans le camp des « justes »… qui n’ont pas besoin d’être sauvés. C’est alors la religion du mérite dans laquelle ma suffisance se satisfait de voir que, sur les plateaux de la balance, mes bonnes actions pèsent plus lourd que les mauvaises. Se reconnaître pécheur, c’est le premier acte d’amour, un acte par lequel j’exprime le désir de correspondre, dans ma vie ; à l’amour de Dieu, le désir de m’en montrer digne. Peut-être faut-il avoir été amoureux pour retrouver ce noble sens de l’indignité.
« Pauvre » pécheurs… C’est, bien sûr, la piété populaire francophone qui a ajouté l’adjectif. Le grec originel était plus sobre : « prie pour nous, les pécheurs » (présbué huper hèmôm tô hamartôlôn). La formule rappelle une dimension fondamentale de la foi.

Claude Tassin



29 octobre

(suite du message précédent)
Dans le monde biblique, le vocabulaire du péché relève profondément des relations interpersonnelles : pécher, c’est offenser quelqu’un, lui faire honte et, du coup, nous avons besoin de son indulgence, de son pardon. Dans ce sens, c’est saint Paul qui a fait entrer le mot « réconciliation » dans la théologie (Rm 5,10 ; 2 Co 5,18-21). Et le mot grec, katallagè, ne dit pas le rabibochage entre partenaires égaux, mais l’amnistie généreuse que concède un souverain à ses offenseurs.
Le célébrant qui dit « reconnaissons que nous avons péché » fait dévier le sens. La formule liturgique n’évoque pas des actes, mais un état : « reconnaissons que nous sommes pécheurs. » Le Seigneur n’est pas venu appeler « les justes, mais les pécheurs » (Mt 9,13). Le mot « pécheur » figure 47 fois dans le Nouveau Testament. Jésus est étiqueté comme « ami des publicains et des pécheurs » (Mt 11,19).

(Voir suite ci-dessous)



29 octobre

Réponse de Claude Tassin

« Pauvres pécheurs » ?
Les exemples tirés du monde éducatif sont tout à fait lumineux : dire à un enfant : « tu es un idiot », c’est le condamner à être idiot. Il s’agit là de la dimension performative du langage, à laquelle les cultures africaines, familières de la bénédiction et de la malédiction, sont plus sensibles qu’un Occidental. On trouve un bel écho de ce substrat anthropologique en Mt 5,22. Ensuite, il faut se méfier des évolutions linguistiques. Dans un pays d’Afrique que je connais, le mot français « péché » est devenu le synonyme « d’adultère ». On ne me dira pas que, derrière ce raccourci, une certaine forme d’évangélisation n’a pas sa responsabilité.
Il faut alors s’interroger sur le sens des mots péché/pécheur. Il ne correspond à rien d’usuel dans aucune langue ou culture. Dans le monde gréco-romain, la faute est ce qui va contre la loi naturelle, ce qui va contre la logique de la nature ou contre les conventions sociales. Le péché est une « erreur » (je simplifie peut-être un peu trop).
(voir suite ci-dessous)



29 octobre

(suite du message précédent)
Il faudrait peut-être chercher à parler autrement du péché, de manière moins fataliste, car nous sommes doués d’une (certaine) liberté. Mais surtout découvrir le bonheur dans la communion avec Dieu et le prochain, dans la vie selon les Béatitudes.

9) Dans la messe, les mentions de notre péché ne sont pas rares…on me le fait souvent remarquer. Mais le monde n’a-t-il pas perdu le sens du péché (Cfr Suhard, le Drame de l’humanisme athée). Il faudrait aussi cultiver les « vertus » humaines, trop longtemps délaissées. Ne sont-elles pas à la base de tout humanisme, y compris chrétien. Voir Livre de la Sagesse.

Je vous concède donc que le sujet n’est pas facile, que la culture d’aujourd’hui est fortement allergique au sens du péché. Et cependant que de méfaits dans le monde. Que de mal causé par l’homme envers l’homme. Il n’y a pas que les catastrophes naturelles. Cela nous amène à beaucoup de nuance et de finesse dans nos pédagogies.

Le mal et la péché sont une des réalités les plus ténébreuses avec lesquelles philosophes et théologiens se battent tout au long des siècles sans pouvoir en dire le dernier mot !

Bonne réflexion.

P. André HAQUIN
Rédacteur de « Feu Nouveau"



29 octobre

(Suite du message précédent)
Il y a donc une double vérité et non une seule : notre fragilité et notre penchant à choisir le mal (Pourquoi donc ? Le mystère du mal est le plus opaque : pourquoi est-il plus facile d’accumuler que de partager, de dominer plutôt que de servir ? Il y a sans doute là une trace de la brisure au coeur de l’homme, du « péché généralisé » (ou « originel » mais non aux sens chronologique).

5) La question que vous posez relève aussi de la pédagogie (et de la psychologie) : il n’est pas bon de dire sans cesse à un enfant, tu as tel et tel défaut… tu refuses toujours d‘obéir…

Il faut le valoriser et l’encourager à faire le bien, c’est-à-dire stimuler sa liberté, lui donner le goût du bien (qui suscite le vrai bonheur). Dieu dans la Bible joue sur les deux tableaux : par ses prophètes, il reproche à son peuple son entêtement.

A d’autres moments, il se réjouit de la fidélité de son peuple. Nous devons faire de même.

6) Le Psaume 1 est peut-être une clé pour trouver l’équilibre : « Heureux l’homme qui ne va pas au chemin des impies… mais la voie des impies va se perdre ! ». Trouver le vrai bonheur dans le service, la recherche du bien et du beau…

(voir suite ci-dessous)



29 octobre

Quelques réflexions sur votre sujet. :

1) Le thème du péché est biblique. Le peuple de Dieu a succombé bien des fois au péché, selon la Bible. Mais il s’est bien souvent montré aussi à l’écoute de Dieu.

2) Comme vous le dites, le bien et le mal coexistent en nous. La tentation nous fait de temps en temps basculer dans le « mauvais choix », mais il ne faut pas exagérer.

3) Par ailleurs, l’eucharistie est célébrée « pour la rémission des péchés » (« sang de de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés »).

Paul a une forte conscience du rachat du péché du monde (salut) par le Christ. D’où en commençant l’eucharistie, on connaît qu’on n’est pas « à la hauteur de l’amour de Dieu » ;

De même avant de communier on reprend la célèbre formulée qui nous vient du centurion, un non juif, un polythéiste !) : Seigneur je ne suis pas digne… Ce mot de « digne » est sans doute le plus approprié, car le salut n’est pas le fruit de nos bonnes oeuvres (doctrine paulinienne essentielle), mais don gratuit de Dieu à recevoir et à faire fructifier

4) Par ailleurs, Paul dit aux chrétiens de Corinthe « Vous les saints qui êtes à Corinthe… » ; il s’agit de la sainteté (ou la sanctification par Dieu) à accueillir dans une foi active.

(voir suite ci-dessous)



29 octobre

C’est évident que j’agis trop souvent mal, mais cela ne me réduit pas au mal que j’accomplis.
Ainsi, au début de la célébration Eucharistique, le prêtre introduit la célébration en disant : préparons-nous à célébrer cette Eucharistie en reconnaissant que nous « avons péché » ou que nous sommes pécheurs ?
Dans la prière qui suit nous disons bien : je confesse que j’ai péché en pensées…

Toute la question est celle-ci : qui suis-je en vérité ? Un homme, une femme, capable du meilleur et du pire. Alors, ne me réduisez pas au mal que j’ai accompli ou à des comportements qui déplaisent… Je peux évoluer et changer, si vous m’y aidez.

(Suite du message précédent)

C’est ainsi aussi que j’ai du mal à prier la belle prière traditionnelle à Marie, sauf en la modifiant quelque peu :

Réjouis-toi, Marie. Comblée de grâce. Le Seigneur est avec toi, Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus, ton enfant est béni.
Sainte marie, mère de Dieu. Prie pour nous (pauvres pécheurs) qui avons recours à toi. Maintenant et à l’heure de la mort. AMEN

N’est-il pas urgent d’adapter notre vocabulaire et d’être plus positif dans nos propos et surtout pas culpabilisants et moralisants ?

Philippe de Rosen



29 octobre

Réflexion et interpellation d’un abonné : Sommes-nous de pauvres pécheurs ?

Écoutons les conseils des spécialistes de l’éducation !
Dire à un enfant : « tu es un voleur ! ou tu es un bagarreur ! ou tu es un idiot !.... c’est paralyser l’enfant et le réduire à une mauvaise action ou à un comportement qui, de fait est le sien.
« Tu ES ? », non, il est bien plus que ce mal qu’il a fait : il est capable d’autre chose…. Comme en chacun de nous, sommeillent, en lui, le meilleur et le pire.
Alors pourquoi dans nos propos « catéchétiques », « liturgiques », « théologiques »…. nous nous complaisons à dire que nous sommes « pécheurs » ?
C’est typique de notre mentalité et civilisation greco-romaine de jongler avec des « concepts intellectuels » : j’ai réalisé, lorsque je travaillais au Nord Cameroun avec le peuple Mafa, combien il était impossible de traduire ces concepts dans leur langue très empirique : le pécheur , pour eux c’est l’homme qui agit mal…. mais pour eux c’était clair qu’il pouvait aussi agir bien. Est-ce aussi évident pour nous lorsque nous disons que nous sommes pécheurs ? Y a-t-il encore place en moi pour le bien ?

(suite ci-dessous)



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